MA VIE ET MES PROBLÈMES.

 

Je vous dis à tous et toutes un gros merci pour votre support moral car quand ça fait 19 ans que tu vis juste du mal et encore du mal tu vas voir les médecins et ils te disent: on ne cherche pas de midi à quatorze heures, ton problème, c'est parce que tu es trop gros point final. Mais il y a une chose qu'ils ne savent pas. Avant j'ai eu un cancer, une opération au foie, une opération dans la vessie, opération pour une otite à l'oreille droite, opération pour canal carpien, ensuite opération pour un ganglion dans le cou, les amygdales, et le voile au fond de la gorge, en plus de me faire la grosse trachéo. J'ai vécu cela de 1984 à 1995, mais c'est là que les troubles ont commencé. En 1996, burnout: c'était à cause que j'étais trop gros. Ensuite je me suis mis à faire de l'apnée du sommeil: la cause tu es trop gros et j'ai été obligé de me battre pour avoir ces opérations car ils ne voyaient rien. Alors je leur disais: tu vas ouvrir et tu vas aller voir ce qui ne marche pas. Je ne suis pas un fou, surtout pour le foie, il ne voulait pas opérer car il disait que je n'avais rien. Et après l'opération, je leur avais dit de faire une bonne couture, car ce soir s'ils veulent me lever, je vais me lever seul. Le Dr Poisson au C.H.U.S. ne me croyait pas; tu vas voir, c'est sensible. Mais j'en avais vu bien d'autres. Alors quand la petite infirmière s'est présentée vers 19:00 heures le soir, elle ma dit: M. Rousseau, il faut que je vous lève. Moi pour faire une joke, je lui ai dis: assis-toi dans ma main, moi je vais te lever. Pas toi qui est en famille et tu pèses environ 90 lbs. Non laisse faire, je vais me lever seul. Je me suis retourné sur ma plaie et là, j’avais le coude sous ma plaie alors j'ai poussé et me voilà debout au pied du lit. Elle m'a dit qu'elle n'avait jamais vu ça et nous dans la chambre nous avions du plaisir. Je lui ai demandé un seul service de me passer mes bobettes aux pieds et de les monter aux genoux et le reste je vais le faire. Un grand merci et je me suis recouché seul. Quand ils sont revenus le lendemain matin je n'étais plus dans mon lit. Ils ont demandé aux autres où j'étais et ils ont dit qu'il se fait la barbe dans la chambre de bain :-)).

 Mais là, c'est pas fini car moi le mal je m'en fou. Il m'avait ouvert du haut jusqu'en bas du nombril et 6 semaines plus tard on veut m'envoyer à l'ouvrage. Je lui ai dit que je n'ai pas un travail de bureau. Je travaille dans les mines et quand j'ai quelque chose à lever, je crois que vous avez fait une bonne couture mais pas assez bonne pour travailler, car moi je sais que toutes les tripes du corps vont sortir car il y a des choses que je lève qui pèsent environ 400 lbs et je ne crois pas que vos points tiennent à cette pression là ?????              

Je suis sorti de l'hôpital, ensuite j'ai été voir mon Dr Hervé Veilleux dans le temps et lui il a dit: prend le temps d'être en forme. Alors je suis monté dans le bois pour me mettre en forme. J'ai bûché 18 cordes de bois à mon père pour le chauffage et j'ai ensuite peinturé toute sa maison 10 heures par jour sur le pinceau et il me restait juste une heure d'ouvrage à faire et voilà la catastrophe. Un bon gros rideau qui m'a descendu dans la face. Je me demandais ce qui se passait. C'était un burnout suite à cette opération pour le foie et d'essayer de me mettre en forme trop vite mais encore là, c'était à cause que j'étais trop gros.                    

Vous m'avez vu Louise et Henri, Manon et Marie-Lyne, je suis imposant ça, je le sais. Mais avant toutes mes maladies, il n'y avait pas un homme pour me suivre, j'étais capable comme trois hommes normaux. Des choses de 400 ou 500 lbs, je ne me posais pas de question; s'il fallait que je les bouge, je n'avais pas besoin d'aide. Là, ma mère qui a 76 ans est meilleure que moi. Je ne crois pas que la grosseur à rien à faire dans ça car je ne connais pas ça être petit. J'ai travaillé dans les hôtels comme gardien de la paix et dans ce temps là, tout s'arrangeait au bout du poing. Je n'avais que 15 ans et je n'avais pas peur de personne. J'étais vite comme un chat même si je pesais beaucoup. Une main sur le bord du comptoir et hop par dessus et je poignais ceux qui avaient commencé la chicane. Un chaque bras et bye bye dehors vous reviendrez demain.

Je te conte juste une petite partie de ma chienne de vie Louise. J'espère que je ne vous ennuie pas trop car je pourrais vous en conter pour des heures et des heures. Mais, ça n'arrange rien. Le passé est passé et le futur est à venir. Là, je vis le présent et je n'ai jamais dans toute ma vie souffert autant, que je souffre là. Mais je vais dire comme ma mère me dit: il y en a des pires que toi. Moi je crois que pire que ça, une personne s'enlève la vie car cette maladie d'enfer comme je l'appelle peux pas être pire. J'ai un cousin qui est en chaise roulante dû à un accident. Ma mère dit qu’il est pire que moi et je lui dis: oui, je le sais, mais il est paralysé. Alors il n'a que le mal moral alors que nous, nous avons le mal moral et physique. Je sais qu'il veut mourir mais il est paralysé. Moi avant de paralyser, tu peux être sûr que je vais me faire un trou à la bonne place.

Et bien depuis que je suis très bien handicapé par la douleur et bien tout ce que je peux vous dire et bien j’ai perdu toutes les fonctions de ma vie. Je ne peux plus aller où il y a du bruit, plus capable d’aller dans un souper de famille, trop de bruit; plus capable d'aller dans les places publiques car trop de bruit. Je suis anxieux, c’est pas croyable. Des tensions dans les bras, au cou, dans la tête et surtout dans le dos, la place la plus faible que j’ai en ce moment. J'ai des douleurs insupportables à la grandeur du dos. Je ne sais pas si un jour je vais finir par revoir la lumière au bout du tunnel, mais pour l’instant je vis dans le noir complet et c’est très difficile à vivre. Plus d’amis (es) et personne à part ceux qui vivent le même problème comme vous autres mes amis (es) virtuels. Je ne peux plus rien faire.

Si tous cela peux vous aidez à toi Louise et à toutes les personnes qui sont prises avec cette maladie d’enfer alors je suis bien content de faire partie du groupe de discussion de fibromyalgie et je suis fier d’être parmi vous autres mes amis(es). Je vais tout faire pour essayer de m’en sortir et pouvoir aider ceux qui en ont vraiment besoin tout comme moi.

Pour mon cancer, nous sommes entrés 3 personnes au même hôpital au C.H.U.S. dans le temps et nous avions juste 20% de chance d’en sortir vivant. Moi qui était un très bon vivant, je leur avais dit c’est pas une petite bébite qui va avoir ma peau. Pour vous dire que je ne suis pas une personne qui se plaint pour un rien. Et bien moi je ne restais pas à l’hôpital durant mes traitements. Je voyageais tous les jours 80 km à faire chaque jour. La peau me descendait dans la figure et je voyageais Disraëli à Sherbrooke tous les jours sauf le samedi et dimanche car nous n’avions pas de traitement la fin de semaine. Alors que les deux autres personnes étaient couchées dans un lit à l’hôpital moi je travaillais dans le bois pour passer mon temps. Les Dr Nabid et Charlain ne croyaient pas que je pouvais voyager seul avec toutes ces brûlures, mais moi le mal, je plaçais un mur entre la douleur et mon cerveau. Ça ne me faisait pas mal du tout et pourtant les 2 autres personnes avaient de la misère à endurer leur jaquette d’hôpital sur eux. Pas croyable! J’allais les voir tous les jours et je les encourageais en leur disant: tenez bon les gars nous allons vaincre. C’est pas une petite bébite qui va nous avoir. Mais malheureusement, les deux autres n’ont pas passé à travers. Trois mois après les traitements, un est mort et l’autre 5 mois après les traitements.

Aujourd’hui je sais que ces personnes là n’ont pas eu à vivre toutes les douleurs qui pouvaient s’en suivre. Alors je crois qu’ils ont été bien chanceux dans le fond car tous ces traitements là, nous avions une dette à payer. Car depuis ce jour, je ne me suis jamais sorti du trou pour être bien malgré que j’ai travaillé de 1984 à l’an 2000 avec peine et misère mais je faisais ma job et même un peu plus car je ne connaissais pas quand il fallait arrêter. Tant et aussi longtemps que j’ai poigné cette maladie d’enfer comme je l’appelle et bien je ne me suis pas demandé quand arrêter. Elle m'a arrêté sans que je le souhaite et pour le moment je ne suis même plus capable de faire rien du tout. Pas facile!

Mais là, je suis un peu fatigué car j’écris et je revis toutes ces grosses épreuves dans ma tête et ça fait beaucoup de mal. Je ne veux pas vous ennuyer avec tous mes problèmes.

Je souhaite à tout le monde de passer une très belle semaine, avec le moins de douleur possible pour tous les hommes et femmes sur le groupe. Je vous adore tous et toutes.

BYE BYE

André Rousseau